Les 4 mensonges des 4 saisons…. » Dites la vérité même si elle amère ! »

vérité mensonge tunisie news

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Le rappel de quelques définitions du mot mensonge paraît utile pour pouvoir analyser la qualité de la communication durant la période allant du 17 décembre 2010 jusqu’à nos jours (une année entière soit 4 saisons).En effet, le mensonge n’est qu’un message gestuel et informatif dont l’objectif est d’induire un être (humain ou animal) ou un groupe d’individus en erreur. Il est un acte de désinformation ou de dissimulation d’une vérité, conjoncturel et personnel ou phénoménal et sociétal.

Le premier a connu un grand son essor avec le développement de l’audiovisuel (gag, caméra caché) et lors des rencontres inter amis, le second est aussi ancien que l’évolution des capacités cognitives de l’homo sapiens, mais il s’est accru, lui aussi, avec l’essor de l’audio-visuel. Quand à la troisième catégorie, elle semble parfois acceptable moralement et socialement dans certaines situations vitales (sauver une vie, sécuritaire, arrêter une catastrophe).

Si la première et la troisième catégorie est nécessaire socialement pour aérer une ambiance stressante ou sauver une vie humaine, la seconde est grave car elle est préméditée et émane d’un individu ou un groupe pour induire en erreur et/ou nuire aux autres. Bien qu’une certaine indulgence est accordée vis à vis des deux premières, toutes les civilisations humaines étaient unanimes à considérer le mensonge comme un acte condamnable et ont légiféré des sanctions jugées utiles adossées à des convictions théocratiques ( » La langue qui ment est abominable devant Dieu ! »… » Que votre oui soit oui et que votre non soit non. Tout ce qui est rajouté vient du Démon »… » Dites la vérité même si elle amère « …) et prévoyaient des sanctions post-mortem. La mythologie est très riche en la matière afin d’avertir contre les conséquences du mensonge et l’éventuel châtiment d’une part, et d’inculquer les bonnes mœurs d’autre part.

Quand il s’agit d’un acte mensonger conjoncturel et personnel, les citoyens sont généralement indulgents et compréhensifs, bien qu’il reste toujours condamnable. Mais, quand il s’agit d’un message émit par un groupe d’individus vers un autre groupe ou vers la société toute entière c’est alors que le mensonge prend la dimension d’une grave distorsion publique qui pourra entrainer des effets malignes et catastrophiques. Cette catégorie de mensonge est le sujet de cet article.

Un article dicté par le flux d’informations et de désinformations que vivait la Tunisie depuis le début du processus révolutionnaire. Ce qui est intriguant, c’est l’audace des politiciens de dire et de contredire une information, un fait et une analyse dans un laps de temps très court ! Est-ce à ce point qu’une aventure médiatique et/ou politique, même éphémère, rend un individu amnésique envers certaines valeurs morales et éthiques ? Est-ce que ces individus croient que le peuple tunisien est atteint d’une amnésie chronique et qu’on peut lui faire absorber n’importe quel type de gélule et à n’importe quel moment ? Est-ce que ce peuple est si immature pour qu’on lui propose un « poisson-poison » comme plat de résistance en reconnaissance à sa fabuleuse résistance contre la dictature ou qu’on lui fait croire à une éternelle journée « poisson d’avril » ? Le mensonge n’est-il pas dénigré par toutes les civilisations humaines ?

Depuis le 17 décembre 2010, ce dernier type de message mensonger a pris une ampleur phénoménale inégalable ! Le coup d’envoi était lancé par les médias publics alignés au pouvoir politique d’antan et certains organes de presse appartenant aux partis « décors » sous la houlette de l’ATCE. Au fur et à mesure que le processus révolutionnaire s’intensifiait et s’élargissait que d’autres sources d’information trouvaient naissance dont essentiellement via l’internet et les toiles sociales disponibles (facebook, Twitter). Le Tunisien se trouvait en face d’un impressionnant flux d’information et de désinformation.

Enumérons les faits mensongers dont étaient victimes les tunisiens !

1) Le premier mensonge: «Les objectifs prioritaires »

Après le 14 janvier 2011, surtout depuis le remaniement gouvernemental (3ème gouvernement provisoire made by BCE),les protagonistes ne sont plus les mêmes, les objectifs prioritaires du processus révolutionnaire sont déviés vers le politique plutôt que le social.

2) Le second mensonge: «Le processus démocratique »

L’inexpérience des uns, l’infantilisme politique, l’opportunisme et la crainte des autres sont à l’origine d’une politique consensuelle au sein des instances « made by YBA et ABA», et une tolérance envers les antigéniques RCDistes, allant jusqu’à les recruter au sein de certains partis politiques. Des instances préméditées, des partis désignées et des « indépendants » triés n’étaient qu’un premier mensonge politique et ce de deux points de vue: des instances préméditées, dictées par le déchu « ZABA », présentées comme une alternative révolutionnaire ! ; Des partis désignés comme étant des « protecteurs du processus de la révolution » dont certains étaient dévoilés par les élections (score entre 0, 1-15%) ! et d’autres n’ayant aucune relation avec les objectifs de la révolution malgré le score fanfaron réalisé lors des élections de la Constituante.

3) Le 3ème mensonge: « Bilan du processus »

Un grand message mensonger réside dans le bilan du « processus démocratique ». En effet, on présente un bilan positif malgré les nombreux dépassements enregistrés qui se résument en ce que suit: une campagne médiatique n’ayant pas respecté les délais (PDP) ; une propagande à contenu non conforme avec l’objectif des élections (programmes socio-économiques au lieu d’alternatives constitutionnelles) ; des promesses socio-économiques irréalistes, un financement occulte (Ennahdha, PDP, El Aridha) et une occultation (dissimulation) médiatique de la typologie des votants (âge, genre) et des non votants (plus de la moitié) !

4) Le 4ème mensonge: « Légitimité des résultats»

Ce dernier, espérons qu’il sera ainsi, réside à présenter la Constituante comme étant représentative et autonome alors qu’elle est sous une tutelle consensuelle tri-céphalique (Ennahdha, Ettakattol et CPR) ! Pour ceux ou celles qui les ont élus, ces dirigeants doivent en effet de leur fournir des visions sur la nouvelle Tunisie (libre politiquement, démocratique au sens large du terme, respectueuse des libertés individuelles et collectives, sans disparité régionale et sociale…etc.). Quand aux projets socio-économiques, ils seront sujets d’un second round après l’adoption de la nouvelle constitution.

En principe, la communication et la politique sont deux outils clés et complémentaires de la vie sociétale. Or, c’est la désinformation et le financement politique sont devenu, en Tunisie et dans le monde, des courroies de transmission du système de gouvernement. Un système mercantile à l’origine d’un désintéressement quasi-total des citoyens du monde envers la politique et la démocratie représentative particulièrement, et un intéressement croissant vers une autre alternative: « la gouvernance participative ». Est-elle une alternative convenable, réaliste et réalisable en Tunisie ?

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