Secteur agricole et aide internationale : connaissez- vous les réalités mondiales ? Par Najeh Dali

Secteur agricole et aide internationale : connaissez- vous les réalités mondiales ? Par Najeh Dali

Dali Najeh, pour revenir à un secteur crucial pour l’Afrique par exemple, En Afrique, les graves répercussions de la crise alimentaire et énergétique ajoutés à la crise économique mondiale sans précédent menacent de réduire à néant les avancées économiques qu’a faites le continent

Saviez-vous que 
- Une seule compagnie agroalimentaire (sans indiquer son nom) contrôle 45 % du marché mondial des céréales et 40 % du marché du cacao. Elle est présente dans 60 pays et opère aussi dans la production d’engrais, la nutrition animale, l’abattage et la transformation de la viande, l’industrie des œufs, la production d’huile végétale, le commerce du pétrole et du gaz naturel ainsi que l’industrie de l’acier.
 
Les 10 plus grandes compagnies agrochimiques contrôlent presque 90% du marché et possèdent également des compagnies de semences et de biotechnologies.
 
- La révolution agricole et la révolution verte. La mécanisation a augmenté la productivité du travail En effet : 
 
• Agriculture manuelle : 1 homme = 1 ha = 1t céréales/an
Agriculture attelée : 1 homme = 5 à 10 ha = 10 t céréales/an
Agriculture motorisée: 1 homme = 40 à 400 ha
• Nouveaux systèmes de production a entrainé la productivité de la terre et des animaux avec une intégration agriculture et élevage et un recours accru a la Fertilisation et aux Produits phytosanitaires. Aussi on assisté à une meilleure alimentation animale suite à la sélection génétique
 
Malgré cette révolution verte généralement en Afrique les produits agricoles de base ont diminué alors que les coûts de production ont constamment augmenté (hausse des prix des intrants et de la machinerie). La baisse des prix des produits agricoles a aggravé la pauvreté et la faim… Parce que la majorité de la population mondiale qui est constituée de producteurs vendeurs et non de consommateurs acheteurs
 
- Est l’Afrique dans Tout cela 
 
En effet, dans le monde, trois niveaux de développement agricole coexistent les paysans travaillant avec des outils manuels, 250 millions d’animaux de trait et 28 millions de tracteurs.
 
L’Afrique se trouve jouer dans un terrain de jeu inégal. L’agriculture africaine est en grande partie manuelle. L’écart de productivité du travail entre l’agriculture africaine et celle du Nord est de l’ordre de 1 à 1000. Ces différences rendent le jeu de la concurrence structurellement inéquitable.
 
Et pourtant, l’Afrique a un avantage comparatif pour des matières premières qui ont connu une dépréciation plus marquée que la moyenne Ex: Café, Cacao, coton, arachides
 
• Entre 1960 et 2001, la part de ces produits dans les recettes d'exportation des pays moins avancés s’est accrue.
• Les pays en développement plus avancés sont parvenus à réduire leur dépendance vis-à-vis des produits.
• Les pays industrialisés exportant ces produits ont compensé la dépréciation des prix mondiaux par le maintien et l’accroissement des subventions à l’exportation et du soutien interne.
 
Au grand jeu de la mondialisation, l’Afrique sort perdante
 
La part de l'Afrique dans les exportations agricoles mondiales ne cesse de diminuer. Elle est passée de 8 % en 1971-1980 à 3,4 % en1991-2000. 
 
Il est à noter que l’Afrique représente près du quart des membres de l’OMC mais représente à peine 2% du commerce mondial?
 
La mondialisation affecte aussi le marché intérieur africain ; 
les produits subventionnés viennent concurrencer de façon déloyale les produits africains sur leur propre marché. En effet, il existe un manque d’adéquation entre l’aide alimentaire et les besoins, ce qui vient déstabiliser les marchés.
 
Par ailleurs suite à l’ajustement structurel et force d’une ouverture extrême des marchés africains, l4afrique a orienté ses politiques agricoles vers les cultures d’exportation. Cela a exigé la privatisation de certains marchés (ex: céréales) qui, dans plusieurs pays africains, étaient gérés par des entreprises d’État.
 
Conséquence : Le degré d’autosuffisance alimentaire de l’Afrique diminue
 
L’Afrique est le seul continent où le volume de production agricole et alimentaire baisse alors que sa population croît. Les importations de produits alimentaires augmentent plus que les exportations. Depuis 1980, l’Afrique est importatrice nette de produits alimentaires. Durant ce dernier siècle, l’Afrique importe en nourriture à peu près le même montant qu’elle reçoit en UPA Développement international
 
Donc, l’Afrique a-elle intérêt à attendre les subventions pour répondre à ses besoins, pour répondre à cette question Najeh Dali, présente les réalités suivantes : 
 
Bien que les subventions agricoles normalement visent à atténuer l’impact de la crise sur les producteurs agricoles, des effets négatifs de cette aide ont été observés sur l’agriculture africaine. 
En effet le soutien interne avec des subventions à l’exportation a entrainé des effets pervers tournant dans un cercle vicieux et ce en contribuant aux problèmes des surplus en encourageant les producteurs à produire plus que le marché ne peut absorber. Font pression à la baisse sur les prix des produits agricoles.
 
Cette démarche à fait le grand Bénéfice surtout aux intermédiaires qui arrivent à s’approvisionner en produits bon marché qu’ils revendent avec des marges de profit considérables
 
A juste titre, Dali Najeh présente ci-après le total des aides publiques à l’agriculture et revenu agricole net en millions de $ US, 1990-2001 (États-Unis).
 
• De 1990 à 1998, les subventions publiques représentaient 20 % du revenu agricole net. De 1999 à 2001, elles en représentaient 47 %.
• Bien que les subventions publiques aient triplé depuis 1996, le revenu agricole net a baissé de 16,5 % entre 1996 et Le revenu agricole net inclut le prix 2001. du marché plus les subventions publiques moins les coûts totaux de production.
 
Donc en dépit de ces observations doit-on Et si on éliminait les subventions?
 
Les étude réalisée en 2003 (Darryl Ray, économiste américain) et qui ont étudié la question si toutes les subventions étaient soudainement éliminées, les prix des grains n’augmenteraient que légèrement et que certains prix diminueraient.
 
L’étude des marchés agricoles des 20 années ne révèle aucune corrélation positive entre les niveaux de subvention et l’accroissement de la production: Dans des pays où le niveau de subvention est relativement bas, tels l’Australie, l’Argentine et le Canada, la production a augmenté plus vite que dans des pays où le niveau de subvention est très élevé, tels les États-Unis.
 
En fait, les causes de la dévaluation des produits agricoles sont
multiples les bas prix des produits agricoles ne favorisent pas la sécurité alimentaire car :
 
• La population mondiale est surtout composée d’agriculteurs.
 
• Les économies réalisées par les transformateurs et les distributeurs ne sont pas nécessairement transmises aux consommateurs.
 
Pour conclure sur cette première Najah dali interpelle le lecteur sur les questions suivantes
 
- Doit-on travailleur pour atteindre la sécurité alimentaire ou l’autosuffisance alimentaire.
- Dans le domaine agricole doit-on travailler sur les avantages comparatifs 
- Doit-on réserver le plus de budget pour l’agriculture à cause dans son rôle social et doit-on viser l’agriculture pour les besoins locaux ou encourager pour l’exportation en premier lieu
- Doit-on soutenir la ferme familiale comme modèle d'agriculture durable en appuyant les organisations paysannes démocratiques, les systèmes collectifs de commercialisation des produits agricoles et toute autre initiative structurant l'avenir de l'agriculture.
- Doit-on viser l’industrialisation de l’agriculture tout en veillant avec l’approche durable et intégré dans les systèmes de production. 
- Jusqu’à qu’elle point nous pouvons subventionner l’agriculture dans un pays en développement dans les ressources naturelles sans rares et fragiles et dont les besoins sont énormes en matière de santé, éducation,… ; 
- Doit-on emprunter pour améliorer et subventionner le secteur agricole
- Il ne faut pas oublier aussi le problème de la mobilisation des ressources hydrauliques leurs protections contre la surexploitation et pollution sans tenir compte des problèmes des changements climatiques, sécheresse, et désertification
- Juste quels points l’état pourrait régler le problème de l’endettent eternel de l’agriculteur surtout suite à des catastrophes naturelles ou des sécheresses répétitives ?... 

 

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