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Religion ou loi religieuse ?

Religion ou loi religieuse ?

Extrait du livre "l'Islam, la Loi, la Société et le Message" à son auteur Ridha Mohamed Khaled : La confusion entre religion et loi religieuse est maintenue à dessein afin d’occulter tous les autres aspects relatifs à la foi et à l’éthique.

Cette approche réductrice enferme le fidèle dans un cadre formaliste où la primauté revient au côté pratique et apparent. Peu à peu, l’apparence se substitue à la sincérité, la superficialité à la profondeur et le discours à la conscience.

Si la foi est libératrice par nature dans le sens où elle est intime et vécue de manière subjective échappant à tout contrôle humain, la pratique quant à elle est visible, manifeste et contrôlable.
Substituer la Loi religieuse à la Religion rend ce contrôle à la portée de tout inquisiteur.
D’où l’insistance de la part de directeurs de conscience sur l’aspect formaliste apparent qui leur permet de régenter les attitudes et de punir les déviants avec pour conséquence la généralisation de l’hypocrisie, un penchant immodéré pour ce qui est rituel et formel. 
La bataille autour du « foulard », nommé « voile islamique » par ignorance, est à cet égard significative. 
Toucher à l’apparence c’est toucher au fondement même de cette logique qui réduit la religion à ses manifestations externes.
Dans le prolongement de cette logique, l’instauration de la « milice religieuse » wahhabite qui en Arabie, à l’heure de la prière fait la chasse à toute personne dans la rue ! 
C’est cette logique qui justifie aussi la condamnation à mort de l’apostat, et par extension de tout musulman qui nie le caractère obligatoire de la prière !                 
Sentence qui ne figure pas dans le Livre qui se contente de renvoyer le châtiment à l’autre monde.
 
Des siècles de décadence ont renforcé cet aspect formaliste et ritualiste de la religion au point que peu de fidèles se posent des questions au sujet des fondements de la foi et que les comportements quotidiens sont généralement en porte à faux avec les exigences éthiques affirmées dans le Message.
Les fondements de la foi sont dénaturés par l’anthropomorphisme, les superstitions, les traditions antéislamiques …
Un monde rempli d’esprits et de démons, de morts qui règnent sur des vivants…
Des exorcistes, des charlatans, des voyants…soignent, réconfortent et soutirent les économies de millions de démunis !
Des fidèles qui se montrent réguliers dans leurs prières sont malhonnêtes dans leurs transactions, des jeunes filles « voilées » volent sans gêne…
Les apparences sont sauves : le père porte la barbe et la fille porte son voile !
Le vendredi on va à la mosquée et le dimanche on se recueille sur la tombe d’un « Saint » !
Le matin, on se rend chez un voyant et le soir on récite le Coran !
La Raison est dissoute. Le Cœur est sans vie.
La Loi est triomphante mais la Religion est en pleine déroute.
Tel est le résultat d’une approche qui a réduit le Message à ses trois centièmes, qui préfère habiller en soie la Ka’aba et laisser dans la misère ceux qui l’admirent !
Une approche qui a préféré la coquille au contenu contrairement au Calife Omar II qui a déclaré en réponse à une requête de son gouverneur concernant l’habit de la Ka’aba : « Je préfère plutôt destiner cette dépense à des personnes affamées qu’à la consacrer à l’habillage du  Temple » (1)
Qui a démis un autre qui se plaignait des conversions qui grevaient le Trésor en lui rappelant que : « Dieu a envoyé Mohamed pour guider et non pour collecter l’impôt » (2)
Se trouvant à Jérusalem, le Compagnon Abou Darda a écrit au Compagnon Salman :  « Viens t’établir en terre Sainte »                                                             
Salman lui a répondu : « la terre ne rend personne saint. Ce sont les actes qui rendent l’homme saint » (3)
Mais en ces temps-là, le Message était encore vigoureux et la Loi ne s’identifiait pas encore à la Religion.
 
(1) Abou Nouaym. Hilyatou-l awlia 5/339
(2) Ibnou Kathir. Al Bidaya wal nihaya 9/188 - Tabari. Tarikh 4 partie 8/136                                                                             Abou Yousouf. Kitaboul Kharaj 131
(3) Assouyouti. Tanouir al hawalik 2/235                                                                                                                    
 
En d’autres termes, ce n’est pas le lieu de résidence qui valorise l’homme mais ses actes.
 
 
Par Ridha Mohamed Khaled

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